#7 – Du Salon à nos assiettes, changer de PAC !

Ce dimanche 24 février, j’étais au Salon de l’Agriculture de Paris pour une journée de visite, de débat et de rencontres, avec Laurence Lyonnais, candidate LFI aux élections européennes de mai 2019.

Je m’engage pour l’agriculture paysanne

A 10h, nous étions invités à un débat organisé par la Confédération Paysanne à propos des enjeux de la future réforme de la Politique Agricole Commune, en présence de représentant.e.s de LREM, du PS, d’EELV et de Gilets Jaunes.

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Aux côtés de Laurence Lyonnais, candidate LFI, de Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération Paysanne, et d’Emmanuel Aze, membre du collectif national de la Confédération paysanne

La Confédération Paysanne, par la voix de Laurent Pinatel, Temanuata Girard et Emmanuel Aze, a présenté ses 10 propositions pour l’agriculture française et européenne. Je me retrouve totalement dans ces propositions : garantir le budget de la PAC ; protéger le marché européen avec un prix minimum d’entrée ; intégrer des enjeux de souveraineté alimentaire ; plafonner les aides à l’actif agricole ; soutenir la transition vers l’agriculture paysanne ; soutenir le pastoralisme et les zones difficiles ; protéger les systèmes pastoraux face aux prédateurs ; développer l’autonomie alimentaire des Outre-mers ; stopper les accords de libre-échange (CETA, TAFTA, MERCOSUR, etc.) ; refuser les OGM et en finir avec les pesticides.

Le représentant de La République En Marche semblait pressé, et devait partir avant la fin du débat. Il avait machinalement pris des notes sur son téléphone pour « répondre point par point ». C’est donc lui qui commença. Dans un latin de cuisine, et une langue de bois dont nous sommes coutumiers avec LREM, il répondit à à peu près toutes les questions, sauf celles posées par les organisateurs du débat. Un peu comme l’a fait E. Macron la veille. Brouillon et incompréhensible (pardon, dans la nov’langue LREM « trop subtil, trop intelligent »), il explique qu’il est d’accord mais que LREM ne mettra pas ces propositions en place. Notamment, son explication pour refuser les « prix minimum d’entrée », horrible mesure protectionniste, était ahurissante. Pour résumer la pensée complexe macroniste : la mise en place d’un prix minimum d’entrée, prix plancher, impliquerait forcément que le marché mettrait en place un plafond, ce qui desservirait les producteurs. Ce raisonnement mérite quelques éclairages !

D’abord, un éclairage sur le fonctionnement actuel des marchés agricoles en Europe. Depuis les années 1990, ils ont été totalement libéralisés avec la suppression progressive des protections douanières, des mécanismes de régulation de l’offre (stockage, quotas) et l’abaissement des prix d’intervention (les prix minimum) à un niveau extrêmement bas, rendant ce mécanisme inefficace car inappliqué. Le marché européen s’est donc ouvert complètement aux échanges mondiaux. La conséquence est un alignement des prix intérieurs sur ceux du marché mondial. Or, ce marché mondial est un marché d’excédents de production ; les prix y sont donc très bas et ne couvrent souvent qu’à peine les coûts marginaux de production. Ce marché ne concerne cependant que 15% des échanges de produits agricoles. Chacun peut donc voir l’absurdité de vouloir imposer à 100% des produits agricoles européens le prix de 15% des échanges mondiaux ! La mise en place de protections à l’entrée du marché européen (ou, le cas échéant, du marché national) ne serait donc qu’un moyen de retrouver des prix minimum rémunérateurs. C’est un impératif de justice pour les paysans !

Mais l’inquiétude de LREM est toute autre. Car ce marché mondial est aussi violemment spéculatif, si bien qu’aujourd’hui seulement 2% des transactions sur les produits financiers adossés à des actifs agricoles donnent lieu à un échange effectif. Le reste des transactions (98%) est donc un pur jeu spéculatif. LREM craint donc que la mise en place d’un plancher, et d’un plafond, empêche à la fois à l’agro-industrie de gonfler ses marges sur le dos des paysans, mais aussi la spéculation sur les produits agricoles !

Il est temps de faire passer l’intérêt général et celui des paysans avant l’intérêt des financiers. La constitution d’un tunnel de prix cohérent avec les coûts et les conditions de production est une garantie pour les paysans et les consommateurs.

Nous avons défendu un projet agricole et alimentaire au service de l’intérêt général et reposant sur trois volets. Je détaillerai notre projet pour la future PAC dans une prochaine note de blog, mais en voici les principaux éléments :

  1. Pour protéger et rémunérer dignement les paysans, la France insoumise défend la régulation des marchés agricoles (quotas de production, prix minimums garantis), la mise en place d’un protectionnisme à l’entrée du marché européen ou national et l’encadrement des marges des intermédiaires pour un meilleur partage de la valeur ajoutée au sein des filières.
  2. Cette sécurité de l’horizon économique et la réorientation des fonds de la PAC permettront aux agriculteurs et éleveurs de s’engager et d’investir dans la transition écologique de l’agriculture (changements de pratiques, rémunération des services environnementaux rendus par l’agriculture, conversion à la bio, …). Cette transition repose sur le soutien au travail paysan et à l’installation de 300 000 nouveaux paysans en France, par le plafonnement des aides de la PAC à l’actif et l’augmentation des dotations pour l’installation.
  3. Enfin, cette nouvelle politique agricole reposera sur un nouveau pacte entre les agriculteurs et la société, pour fournir une alimentation de qualité, saine, diversifiée, accessible et permettant de lutter contre les gaspillages et la malbouffe. Ce sont l’ensemble des filières qui doivent être relocalisées au maximum, notamment par la mise en place d’une taxe carbone et par le soutien aux projets agro-alimentaires locaux et solidaires.

Cette agriculture paysanne repose sur la lutte contre la sur-spécialisation des territoires, par la diversification génétique des cultures végétales (notamment grâce à des semences paysannes adaptées aux conditions locales) mais aussi par la défense de races rustiques, elles aussi adaptées aux territoires. Je pense évidemment à deux races emblématiques de ma région Auvergne, la Salers et la Ferrandaise !

Je m’engage pour une autre PAC

A 13h30, nous avons rencontré la Plateforme Pour Une Autre PAC. Ce collectif rassemble 35 organisations, que ce soit des organisations paysannes (la Confédération Paysanne, la FADEAR, la FNAB…), des organisations environnementales et engagées pour le bien-être animal (Greenpeace, le Réseau Action Climat …) ou encore des organisations de solidarité internationale (Sol…).

Je suis admiratif tant de la démarche (réunir l’ensemble des acteurs pour une alternative paysanne et écologique) et du contenu (proposer une PAC de transition en 2020 pour parvenir à des objectifs forts en 2030). Le collectif a produit plusieurs documents passionnants et un résumé de 12 priorités pour la future politique agricole et alimentaire européenne.

Ces propositions font majoritairement écho à celles du programme de la France insoumise. Nous avons été attentifs aux propositions des collectifs paysans et écologistes depuis des années et avons fait appel à leur expertise pour proposer un projet en capacité de répondre aux enjeux et aux aspirations paysannes. Je soutiens donc sans réserver autant la démarche que les propositions du collectif Pour Une Autre PAC.

https://pouruneautrepac.eu/wp-content/uploads/2019/02/Affiche-web-900x680px1-1-768x582.png

Je soutiens également la seconde partie de ses actions, qui vise à faire connaître et démocratiser la Politique Agricole Commune, grâce à une campagne intitulée Tablons sur nos paysans !. Cette campagne propose une série de portrait de fermes et de paysans engagé.e.s dans une autre agriculture, écologique, nourricière, paysanne. Une nouvelle preuve, s’il en fallait une, que la transition écologique de l’agriculture est possible !

Une vidéo présente notamment une ferme auvergnate, le Biau Jardin (Gerzat, 63), qui produit en maraîchage diversifié, en agriculture biologique, et dans une démarche de l’économie sociale et solidaire.

Les élu.e.s insoumis.es au Parlement Européen travailleront de concert avec les collectifs et organisations paysannes et environnementales pour refonder la PAC et la mettre au service de l’intérêt général.

Je m’engage contre la malbouffe

Enfin, nous ne pouvions passer à côté de l’un des scandales de ce Salon : la mainmise de l’agro-industrie et de la malbouffe sur l’évènement ! Lidl, Auchan, Soignon… Mc Donald’s ! Tous ont répondu présent ! Tous se gargarisent de défendre l’agriculture.

Je dénonce cette hypocrisie ! Depuis 15 ans, la valeur ajoutée de l’agriculture française a chuté de 19%, les revenus des exploitations ont baissé de 34%. L’agro-industrie gonfle ses marges sur le dos des producteurs, mais aussi des consommateurs. Cette malbouffe qui nous est vendue à coup de greenwashing, dégrade la qualité de notre alimentation. Nous mangeons de moins en moins « vrai », de mon en moins équilibré, de moins en moins diversifié. L’agro-industrie dénature notre alimentation en transformant et manipulant les aliments, pour nous rendre accros, et finalement nous rendre malades : 25% de la population française souffre de maladies chroniques imputables en partie à l’alimentation !

Le député insoumis Loïc Prud’Homme a d’ailleurs proposé le 21 février dernier une proposition de loi à l’Assemblée Nationale contre la malbouffe et pour garantir à chaque citoyen.ne une alimentation de qualité. Certes votée par l’Assemblée, cette loi a été vidée de sa substance par le groupe LREM et la majorité présidentielle. Le combat continue !

Du Salon à nos assiettes, de nos champs à nos palets, il faut changer d’agriculture pour changer d’alimentation, protéger les paysans et l’environnement. Pour changer d’agriculture, il faut changer la PAC.

C’est ce que propose la liste de la France insoumise aux élections européennes du 26 mai 2019. Et nous vous proposons de le faire ensemble !

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